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Le confinement a fait bondir les inscriptions en agence matrimoniale

Le confinement a fait bondir les inscriptions en agence matrimoniale

Découvrez l'interview d'Aurore Angels dans le Midi Libre

Publié le mardi 09 février 2021 à 15h37

Le confinement a fait bondir les inscriptions en agence matrimoniale

Depuis 14 ans, Aurore Angels est responsable d'une agence matrimoniale. Avec Midi Libre, elle mesure les effets du Covid-19 sur des célibataires qui revoient leurs priorités. 

Entre télétravail, confinements, couvre-feux, fermeture des restaurants, des bars ... mauvaise limonade pour les célibataires de tous âges. Faute de lieux de rencontres publics et sécurisés, de plus en plus de gens se tournent vers les agences matrimoniales. Parfois échaudés, aussi, par les sites de rencontres virtuelles et leur lors d'escrocs, Aurore Engels, responsable depuis 14 ans de l'agence Unicentre de Millau, témoigne de cette recrudescence de candidats à la vie à deux.

 

Le Covid a-t-il une influence sur votre société ? 

On a note une hausse des inscriptions de près de 30% par rapport à l'année dernière. Et on explose carrément en ce mois de janvier. Comme si les personnes voulaient entamer 2021 sur de nouvelles bases. Ils se disent : autant utiliser le temps qu'on ne peut pas consacrer à autre chose pour faire une belle rencotre et avoir des projets à deux, avoir un but. 

Pourquoi se tourner vers les agences alors qu'il y a pléthore de sites de rencontres sur internet ? 

Parce qu'ils ont surtout envie de rencontrer des personnes fiables. Ils savent très bien que nousa llons vérifier. On demande des papiers, des imformations par rapport à un divorce, une veuvage, à la domiciliation, au travail. Sur internet, vous avez des profils, mais rien n'est vérifié. On a la moitié de nos clients qui ont essayé des applications avant de faire appel à nous. Déçus entre faux profils, gens mariés ou uniquement intéressés par la sexualité. Sur internet, on n'est plus dans la consommation immédiate que dans l'engagement. 

Les femmes et les hommes hyperactifs ont vraiment ressenti l'isolement de manière douleureuse

Une fois le contact établi, comment les gens se rencontrent en ce moment ? 

C'est le problème. On ne peut plus aller au cinéma, dans les bars. Il n'y a plus de thés dansants, ni les fêtes votives, essentielles dans les département ruraux comme l'Aveyron. L'avantage avec nous, c'est que, puisque nous les connaissons individuellement, ils sont rassurés. Ou ils vont marché entre adhérents, ou il vont se recevoir chez l'un ou chez l'autre. Mais après un certain temps de communication. 

Y-a-t-il un profil type parmi vos clients ? 

Il n'y en a pas. Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec un agriculteur, une pharmacienne et un médecin. C'est très hétéroclite. Ils ont entre 55 et 70 ans. L'élément commun, c'est que les gens ont besoin d'avoir un interlocuteur pour se confier. Ils ont besoin davantage de suivi, de retrouver le contact humain. Et ils ne peuvent pas toujours s'adresser à leur famille, leurs amis ou leurs enfants. Leur confier leurs histoires de coeur ou leurs attentes, cela peut être gênant. Chez nous, il y a toujours quelqu'un de joignable. Même en cinq minutes, on leur remonte un peu le moral. 

On image que l'isolement a modifié les attentes ? 

On en parle plus beaucoup de mariage. La finalité est d'avoir une relation sur le long terme, stable et durab le. Mais sans prendre de risque. 

Les gens vous paraissent-ils plus fragiles ? 

Il y a beaucoup plus de yoyos émotionnels. Dès qu'il y a une annonce de confinement, on a une recrudescence d'appels. Ils s'inquiètent de savoir comment ils vont pouvoir faire des rencontres. On les rassure, on discute. Aujourd'hui, il y a plein de moyens de communiquer entre le téléphone et internet. On a vu aussi qu'ils se sont vraiment adaptés, même s'ils ont besoin du cadre humain.

Pas de sorties, du télétravail ... Finalement, les gens ont plus de temps pour eux ? 

Complètement. Et quelque chose a été vraiment révélateur des deux confinements. Lors du premier, ce sont les femmes qui ont été le plus affectées. Il s'agissait souvent de profils de personnes qui étaient seules depuis un certain nombre d'années. Qui étaient dans l'hyperactivité entre le travail, les copines, les enfants, le sport, les sorties. Et là, tout s'est arrêté d'un coup. Le deuxième, nous avons eu davantage d'hommes. 

Sentez-vous que la solitude pèse davantage ? 

Ils se disent que, finalement, ils sont passés à côté d'un besoin affectif. Notamment chez les femmes de bon niveau social. Elles se sont posé des questions essentielles, dont le côté amour, qu'elles avaient mis de côté pensant que ça ne leur manquait pas. Elles ont vraiment ressenti la solitude de manière douloureuse. Les hommes se sont remis en question aussi. Tous se sont dit que la vie serait plus agréable en étant deux. Les gens remmetent du sens à leur existence. Se posent des questions plus fondamentales. Car l'être humain n'est fait pour être seul. 

Retrouvez l'actualité originale sur le Midi Libre du mardi 2 Février 2021.